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Pop Wine
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Coteaux du Lyonnais – Les vins de Lyon

Que la capitale mondiale de la gastronomie possède ses propres crus, ce n’est que justice. Certes, à Lyon, coulent trois fleuves : le Rhône, la Saône et le Beaujolais. Mais les vins de Lyon, les vrais de vrais, ce sont les coteaux du lyonnais.

Des vins issus des pentes allant du nord-ouest au sud-ouest de la ville, sur la rive droite de la Saône puis du Rhône — comme un trait d’union entre Beaujolais et Côtes-du-Rhône, comme une croisée des chemins. Au sud, le Lyonnais est délimité par la vallée du Giers. En-dessous, on arrive dans les vignes de Côte-Rôtie, puis de Condrieu. On est donc tout près de très grands. Un peu comme les bourgognes villages ou génériques qui entourent les crus.

Les coteaux du lyonnais, ce sont d’autres « pépites », d’autres vins réjouissants à l’excellent rapport qualité/prix ou plaisir-prix, des vins destinés à l’amateur curieux qui ne cherche pas des étiquettes brillantes, avec des noms pimpants faisant saliver des Américains aux Chinois, mais des vins honnêtes et sincères, des vins terriens, des vins sans fioriture et qui vont droit au cœur.

Le Cœur des hommes, c’est justement la cuvée que j’ai choisie pour illustrer mon périple lyonnais. Un gamay de gastronomie — quoi de plus naturel à Lyon — du domaine Rostaing-Tayard. J’aurais aussi pu jeter mon dévolu sur un beau canon des domaines Prapin, de la Petite Gallée, Clusel-Roch et Baptiste Nayrand. Les richesses viticoles ne manquent pas dans le coin et j’aurais encore pu goûter les vins des excellents domaines d’Yf, de la Première Étoile, Le Bouc et le Treille ou Régis Descotes.

Entre Beaujolais et Côtes-du-Rhône

Les vignes se trouvent à peine à une vingtaine de kilomètres de la ville. D’ailleurs, les paysages viticoles se disputent avec l’urbanisation galopante. Il y a ici un peu du Beaujolais et un peu des Côtes-du-Rhône. Il y a surtout une identité propre.

80 % de vin rouge, 15 % de blanc et 5 % de rosé. Moins de vingt vignerons exploitent 180 ha de vignes disséminés sur 49 communes du Rhône. On y retrouve avant tout du gamay, mais aussi chardonnay et aligoté. Hors appellation — mais les règles ne devraient-elles pas changer ? —, il faut également compter sur syrah, marsanne, viognier ou roussanne.

Même si l’appellation n’est pas grande, elle est très étalée. Le terroir se conjugue au pluriel. On trouve collines et plateaux, avec une altitude allant de 200 à 600 mètres. Côté sol, quatre grandes zones : le Mont d’Or calcaire au nord, le nord-ouest volcanique, les gneiss centraux des monts du lyonnais et les galets très rhodaniens au sud.

Quant au climat, les influences continentales sont aux prises avec les influences méditerranéennes — qui tendent de plus en plus à s’imposer, même si les hivers peuvent toujours être froids et les gelées menacer.

Ici, nulle mer de vignes à perte de vue. Le vignoble côtoie prairies, pâturages et cultures. L’arboriculture et le maraîchage occupent une grande part des surfaces cultivées.

Renaissance

Comme tant d’autres, le vignoble lyonnais est l’histoire d’une renaissance — il comptait 12 000 ha en 1850, avant les ravages du phylloxéra, de l’industrialisation et de l’urbanisation. Pourtant, on fait ici du vin depuis le Ier siècle*. Et, à partir du Moyen Âge, la présence de nombreuses congrégations religieuses aux abords de la grande ville a favorisé l’expansion du vignoble.

Au XVIe siècle, le Lyonnais était un grand vignoble, par la taille et par la notoriété, au contraire du Beaujolais. En 1945, il ne restait que quelques îlots plantés d’hybrides. Aujourd’hui, le vignoble des Coteaux du Lyonnais est plus petit que le plus petit des crus du Beaujolais (Chénas).

Malgré tout, quelques courageux et intrépides amoureux de la vigne et du vin, convaincus de la qualité de ces terroirs, s’efforcent à produire de beaux et bons vins. Et ils y parviennent.

Leur énergie et leur dynamisme sont les premiers de leurs atouts. Ils ont aussi du talent et tous les vins que j’ai goûté possédaient une vraie personnalité. Aucun n’était éteint, morne, sans âme. Les vins du Lyonnais sont capables de mêler énergie et intensité, avec d’ailleurs une vraie capacité de garde.

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