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VinoPhilo
3 3 min read

Le vin comme moyen d’une vie plus intense et plus extraordinaire

Dionysos est « tout à la fois un conquérant, un tyran et un bienfaiteur de l’humanité. Nul ne dirigea mieux que lui ses relations publiques. Pouvait-il faire plus beau cadeau à l’humanité que la vigne et le vin ? »*. Né deux fois, il engendre le cycle perpétuel de la vie et de la vigne, non grâce à des croyances, mais grâce à la terre, à l’eau, à l’air et au feu.

Les fruits du raisin sont donc profondément chargés de symboles. Les alchimistes ont toujours voulu distiller des plantes qui permettraient d’obtenir un élixir de longue vie ou de vie éternelle ; et Dionysos, par le vin, donne aux hommes, si ce n’est le moyen d’une vie infinie, celui d’une vie plus dense, plus forte, plus authentique, plus originale.

Osiris, autre dieu du vin et de l’agriculture, était lui aussi capable de faire renaître les morts. Osiris, Dionysos et plus tard Jésus Christ, en mourant et en ressuscitant, acquièrent par cette expérience, toujours symboliquement liée au vin et aux sens, le pouvoir de maîtriser le cycle de la vie. Les gains de vie fournis par le vin de Dionysos ou Osiris ne pouvaient qu’intéresser les vinosophes et les figures nietzschéennes du surhomme, les aspirants au dépassement de soi.

Le divin breuvage permet l’excès par lequel le corps se découvre, prend conscience de ses limites, mais aussi de ses possibilités, parfois insoupçonnées. Fêtes, orgies et autres célébrations culinaires sont des cadeaux qu’on fait à ses sens, qu’on se fait à soi-même. La boisson dionysiaque éteint les cultures, efface les normes, noie les habitudes et fait naître de nouvelles façons d’habiter le monde. Plus rien ne limite les possibles. Ensuite, à chacun de forger ses goûts personnels et de se faire plaisir en les satisfaisant.

L’alcool libère Dionysos du joug d’Apollon. Le vin laisse davantage de place aux forces dionysiaques qu’aux exigences apolliniennes de mesure et de contrôle. Il met les sens en éveil, provoque le désir et rend l’existence joyeuse. Il fait oublier les natures désincarnées et leur hypothétique félicité. Il donne de la chair aux âmes, de la matière à l’esprit. Il permet au désordre créatif de s’insinuer dans l’ordre stérile, à l’intelligence dynamique de supplanter l’obéissance aveugle.

Vérifiez-le grâce à quelques verres de jus vivants et vibrants, décontractés et décomplexés. Le vin ne vaut donc pas seulement pour ses qualités gustatives ; il constitue un exercice existentiel. Boire devient une manière d’habiter le monde avec plus d’intensité.

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