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Pop Wine
5 5 min read

Archil Guniava – Et la lumière fut

Tsitska, par Archil Guniava

Imérétie, Géorgie

2020, tsitska

Dégusté le 13 avril 2026 à 20 heures, jour fleur, lune ascendante

Poursuivons cette séquence géorgienne avec un autre vin hors normes et palpitant, comme savent l’être les grands vins géorgiens. On le doit à un vigneron dont les méthodes de travail sont d’une radicale fidélité à la tradition : Archil Guniava. Rien n’est moderne ici ; et c’est précisément ce qui rend ces vins contemporains.

Archil façonne ses vins dans un marani (chai) familial vieux de plus d’un siècle. Trois générations de vignerons s’y côtoient. Dix-sept kvevris, dont certains centenaires, y sont enterrés côte-à-côte, enduits de cire d’abeille. Le pressoir traditionnel a été creusé dans un tronc d’arbre : un véritable chef-d’œuvre !

Le domaine compte à peine 1,5 hectare sur des coteaux escarpés. Ici, le terme artisanat n’est pas galvaudé. Tout est fait à la main. Pas besoin d’essence ni d’électricité. C’est une chance de pouvoir goûter à la minuscule production de ce vigneron comptant parmi les figures les plus respectées d’Imérétie.

Une autre identité vinicole

Nous sommes à nouveau dans la partie occidentale de la Géorgie. Mais, par rapport à la Gourie de Dato Kobidze, nous prenons nos distances par rapport à la mer Noire. L’Imérétie est une superbe région, vallonnée, riche de spectaculaires monastères et d’étonnantes sculptures naturelles. À l’image de la Géorgie tout entière, elle est réputée pour l’hospitalité de ses habitants.

Ici, les vins ont plus qu’un style : ils sont une manière d’être au monde. Les vins imérétiens sont plus connus que ceux de Gourie. L’Imérétie est un peu l’ « anti-Kakhétie » (célèbre région vinicole située à l’est) : prédominance des micro-domaines familiaux, pas de cépages internationalement célèbres, macération de 15 à 30 % des peaux sans les rafles (contre 100 % et avec les rafles en Kakhétie), temps de macération réduit (quelques semaines contre de nombreux mois), approche globalement très naturelle (contrairement à l’est où coexistent des productions industrielles). Point commun aux deux régions : quand ils sont traditionnels, vinification et élevage se déroulent dans des qvevris enterrés.

Les vins d’Imérétie sont réputés plus frais et moins tanniques que ceux de Kakhétie. Avec sa tradition des macérations partielles et ses cépages nombreux et originaux, l’Imérétie propose un autre visage des vins géorgiens. On recherche ici la subtilité, l’harmonie, la juste proportion.

Un fervent défenseur des vins nature

Le domaine d’Archil Guniava se niche dans un village pittoresque : Kvaliti, à 300 mètres d’altitude. Le climat de cette partie de l’Imérétie est subtropical, chaud et humide. Les sols sont argilo-calcaires, avec de nombreux fossiles marins. Certaines parcelles sont cultivées avec du maïs ou d’autres légumes. Cela permet de protéger les vignes des rayons du soleil ou d’absorber les excès d’eau.

Archil est membre de la « Natural Wine Association ». Pourtant, il ne se définit pas comme un « vigneron nature ». Il préfère dire qu’il est un « vigneron normal », car c’est ainsi que l’on a toujours fait les choses dans sa famille.

Tous ses vins sont 100 % jus de raisin. Viticulture biologique et vinification naturelle de rigueur. Mise en bouteille sans filtration, ni collage, ni soufre. Encore un viticulteur qui estime que « le vin se fait à la vigne » et que « moins les interventions sont marquées, plus le vin peut être de qualité ». La magie n’opère que si les raisins qui entrent dans les qvevris sont en grande santé, prêts à libérer de hautes énergies.

Côté cépages, Archil cultive exclusivement des variétés endémiques d’Imérétie, notamment krakhuna, otskhanuri sapere et dzelshavi. Et puis le tsitska, que je déguste aujourd’hui dans une cuvée monocépage. Cette variété est peut-être, avec le tsolikouri, la plus connue de l’ouest de la Géorgie. Elle est particulièrement adaptée au climat humide de cette partie du pays.

Avec son acidité élevée, le tsitska était historiquement utilisé afin de produire des effervescents réputés. Ici, on le présente comme l’une des plus anciennes déclinaisons de Vitis vinifera au monde. Son nom viendrait de « tsitskili » qui signifie « lumière ».

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