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Pop Wine
4 4 min read

La Ferme du Cade – Rosé fermier

Les Planes, par David et Vicky Teyssier (La Ferme du Cade)

Gard

2018, grenache

Dégusté le 18 février 2026 à 15 heures, jour fleur, nouvelle lune

À la rescousse des rosés

Rien ne saurait justifier que l’on obtienne de bons vins en pressurage direct avec des raisins blancs mais pas avec des raisins noirs. Et rien ne pourrait expliquer que l’on crée de bons vins de macération avec des raisins noirs mais pas avec des raisins blancs. Dès lors, vive les rosés et vive les oranges, qui doublent les dimensions de l’univers bachique.

J’ai déjà abondamment défendu les vins oranges ou ambrés. Il est temps de venir au secours des rosés. Or je dispose d’un formidable porte-parole.

Il s’agit d’un rosé de huit ans d’âge, 100 % nature, sans aucun intrant ajouté, qui n’a subi ni levurage, ni sulfitage, ni filtration, ni boisage. D’aucuns lui décerneraient la palme de l’imbuvable sans même l’avoir goûté. Je m’y risque tout de même… Il est délicieux !

Le rosé est victime d’un malentendu. On l’a relégué au rang de boisson saisonnière, destinée aux vacanciers plutôt qu’aux amateurs. Vin d’été, vin d’apéritif, vin d’ivresse. Aussitôt mis en bouteille, aussitôt ouvert, aussitôt bu. Et immédiatement oublié.

Les Planes, mon vin du jour, fissure ce cliché paresseux. Jurer que « les rosés, c’est pas bon » n’a pas plus de sens qu’affirmer que « le pommard, c’est bon ». Les qualités d’un vin dépendent d’abord de son vigneron, on ne le dira jamais assez. Aujourd’hui, je déguste du David Teyssier. Et « le David Teyssier, c’est bon ».

La couleur ne dit pas tout

La couleur n’est qu’un indice ; et pas le plus essentiel. Certes, elle parle d’extraction, d’infusion et de pressurage, ce qui n’est pas rien pour un vin. Mais le plus important, ce sont la vie et l’énergie du sol, de la terre, de la vigne et des raisins. Ensuite, il y a la passion du vigneron, la minimisation des interventions, la patience de l’élevage, l’absence de maquillage.

Bien sûr, nombre de rosés ne méritent pas plus de s’appeler « vin » qu’un McDonald’s de s’appeler « restaurant ». Mais j’ai aussi en mémoire quelques dégustations de rosés vivants, naturels, purs, ayant entre 5 et 10 ans d’âge, dont le raffinement était merveilleux. Ils venaient de Bandol, de Tavel, de Corse ou d’ailleurs.

La garde n’est pas affaire de couleur, mais d’architecture. Un vin ne vieillit pas mieux parce qu’il est rouge, mais parce qu’il est fort et qu’il a été bâti dans le temps long. Ici, les années n’ont pas fané le vin. Elles l’ont affiné. L’évolution des rosés offre de véritables trésors. Malheureusement, on a trop peu souvent l’occasion d’y goûter. On les imagine incapables de vieillir. Alors on les boit sans attendre ; et on trouve qu’ils manquent de caractère — mais tel est le lot commun de tous les bébés-vins.

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