📲 Ajouter Vinosophia à l’écran d’accueil : Partager → Ajouter à l’écran d’accueil
Partager
VinoPhilo
6 6 min read

On ne prie pas Dionysos, on le pratique

Dionysos, dieu libérateur

Croire en Dionysos, ce n’est pas vraiment croire en Dieu. On ne prie pas Dionysos, on le pratique. Il n’est pas un être supérieur auquel on se soumettrait, mais un frère, mieux un ami avec qui on partage les expériences sensuelles les plus intenses, non des expériences mystiques.

Dionysos est un dieu immanent, subjectif, prĂ©sent Ă  l’intĂ©rieur de soi-mĂŞme — on dit qu’il imprègne les liquides du corps, notamment le sang â€”, avec qui on partage des relations très intimes et indicibles. Il n’est pas une hypothèse que l’on ne peut prouver, mais une rĂ©alitĂ© concrète dont chacun peut attester Ă  condition de consentir Ă  ses forces et de s’évader des prisons ascĂ©tiques.

Dionysos, c’est le dieu qui n’aime pas les dieux, qui prĂ©fère l’existence terrestre, avec toutes les richesses que la nature peut offrir et notamment le vin ; le seul dieu qui n’aliène pas mais libère, le seul dieu qui s’adresse aux sens et non Ă  l’esprit, le seul dieu qui donne le sourire Ă  ceux qui le frĂ©quentent, que l’on suit parce qu’il promet la joie et le plaisir, mĂŞme s’il ne sait pas oĂą il va.

Dionysos montre qu’une pensée peut être pleinement produite par le corps, par l’enthousiasme qui l’habite, ce qui heurte évidemment les grandes consciences de l’histoire de la philosophie, qui se tournent vers Apollon et pratiquent le culte de la raison raisonnable et raisonnante. Le corps du philosophe, où circulent influx et intuitions, énergies et forces, où pénètre le jus de raisin, est un creuset dans lequel se produisent des expériences existentielles appelées à être traduites ensuite sous forme verbale et textuelle.

Dionysos devrait ĂŞtre l’ami des philosophes, leur ouvrant des perspectives riches de toutes les potentialitĂ©s. Il est dĂ©jĂ  celui des vinosophes, eux qui n’ont pas peur de reconnaĂ®tre qu’ Â« une singularitĂ© philosophique, c’est peut-ĂŞtre avant tout un corps excentrique, une chair qui dĂ©lire Â» (Michel Onfray, L'art de jouir).

La formule de Georges Bataille « connaĂ®tre en brĂ»lant Â» convient Ă  merveille Ă  ces philosophes dionysiens. Leur expĂ©rience de la vie est telle qu’ils reconnaissent forcĂ©ment que le corps et les sens sont les origines de toute pensĂ©e, les moyens de toute rĂ©flexion, les sources de tout amour de la sagesse.

La suite de ce texte est réservée aux membres de Vinosophia.

À votre tour, rejoignez-nous et découvrez l’ensemble de la revue.

Vous soutiendrez un projet éditorial indépendant et engagé au service de la vie des vins et de l’esprit des hommes.

Pour que vivent les voix libres du vin.

Dégustateurs hédonistes, œnophiles audacieux, vignerons heureux, sommeliers alternatifs, cavistes aventuriers...

Entrez dans la grande famille des vinosophes !

Ça m'intéresse.