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Pop Wine
5 5 min read

Closerie Saint Roc – Le sang de mes ancêtres

Closerie Saint Roc, par la Famille Amoreau

Puisseguin Saint-Émilion

2016, merlot 70 %, cabernet franc 20 %, cabernet-sauvignon 10 %

Dégusté le 1er mars 2026 à 20 heures, jour fruit, lune gibbeuse croissante, ciel étoilé

Boire un vin, parfois, c’est aussi boire un peu de sa propre histoire. Il y a un siècle, l’un des puisseguin-saint-émilion les plus recherchés était le Clos de Gironde. Ce vin était produit par Charles Barraud, mon arrière-grand-père, dernier représentant d’une vieille famille de vignerons. Personne ne poursuivit l’activité après lui. Quand mon père boit du saint-émilion, il s’exclame toujours : « Ah ! Le sang de nos ancêtres ! ».

Si vous avez lu certains de mes textes, notamment D'où viennent les grands vins ?, vous devez trouver assez cocasse que je sois le descendant de plusieurs générations de vignerons bordelais… Je conserve pourtant une affection particulière pour Puisseguin, petit satellite en orbite autour de la planète-monde des châtelains. J’imagine pouvoir y dénicher quelques vignerons modestes mais passionnés, loin des chais d’architecte, des vins « bourgeois », des mers de vignes et des flying winemakers.

Croiser un puisseguin-saint-émilion de la famille Amoreau, dont l’étiquette affiche fièrement « Ce vin est issu de cultures et de vinifications naturelles », est forcément un événement. Leur Château Le Puy est bien connu des amateurs pour son refus du formatage, de l’œnologie à tout crin et du goût international qui ont, un temps, fait le succès du vignoble bordelais et qui, désormais, lui collent aux doigts comme le sparadrap du capitaine Haddock. Bordeaux a longtemps voulu parler au monde ; et il a oublié ses racines et sa terre. Les Amoreau, eux, leur sont restés fidèles, depuis 1610.

L’autre bordeaux

Certes, les vins du Château Le Puy ont connu une exposition médiatique et même une célébrité soudaine après que le manga Les Gouttes de Dieu a élevé la cuvée Émilien au rang de meilleur vin du monde*. Or je n’apprécie guère cette fiction dans laquelle on fait croire au grand public que les passionnés du vin sont des gens qui passent leur temps à ranger des arômes dans des tiroirs et qui, lorsqu’ils souhaitent boire un verre pour le plaisir, prennent des pintes de bière.

Les vins de la famille Amoreau n’en sont pas moins de dignes représentants de l’autre bordeaux, celui qui laisse de la place à la vigne et à la vie, pour qui le vin est d’abord une passion et non un investissement. Pascal Amoreau figure d’ailleurs parmi les personnalités que j’ai le plus souvent cité dans mes textes. Ses convictions sont inspirantes. Il montre la voie.

Les Amoreau offrent des bordeaux naturels, respectueux de la terre et des écosystèmes. Ils ont donc une certaine légitimité pour parler de l’influence de la biodynamie sur l’élégance des vins. Pascal Amoreau sait mieux que quiconque combien le refus de la chaptalisation, de la filtration, des levures sélectionnées et des intrants autres qu’un tout petit peu de soufre à la mise en bouteille sont les clés de la finesse gustative.

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