Sauvage, par Constantina Sotelo
Rías Baixas, Galice
2021, albariño
Dégusté le 20 février 2026 à 14 heures, jour feuille, premier croissant
L’Atlantique est là, à deux pas. L’Espagne n’offre pas que des vins au caractère méditerranéen, solaires et lumineux. On y trouve également des jus d’inspiration océanique, dans le nord-ouest du pays.
La Galice est devenue une place forte du vin espagnol, parce que ses cépages, ses climats et ses sols parlent une langue différente. Grâce à l’œnologue-artiste Raúl Pérez et à quelques vignerons intrépides ayant joué la carte de la nature autant que celle de la culture, mencía (cépage rouge), albariño et godello (cépages blancs), Bierzo, Ribeira Sacra et Rías Baixas (appellations) sont désormais des noms qui comptent chez les œnophiles.
Nous sommes dans la région des Rías Baixas, non loin du Finisterre espagnol. Plus exactement à Cambados, face aux Amériques, un lieu considéré comme le berceau de l’albariño. La famille de Constantina y produit du vin depuis 1758.
Rien ici ne rappelle Ibiza ou l’Alhambra. L’Espagne change de visage. Voici le pays des brumes, des pluies fines, des forêts humides et des vents salés.
Un vin de vignes
Sauvage est le fruit de vignes préphylloxériques qui n’ont jamais connu la chimie. Un trésor. Elles sont conduites en pergola afin de les protéger de l’humidité stagnante. Les sols sont constitués de granites décomposés qui s’expriment tout en verticalité et en finesse.
« Dans notre famille, explique Constantina, nous n’avons pas reçu de méthodes ni de théories. Nous avons hérité d’une façon de regarder, de faire une pause, d’observer, de répéter calmement des gestes et de comprendre que chaque vignoble suit son propre rythme. Nous avons appris en étant attentifs aux caprices de la météo, au caractère unique de chaque parcelle et à l’évolution des vignes au fil des saisons ».
Selon Constantina, la vigne doit toujours jouer le rôle principal. C’est pourquoi elle lui accorde les plus grands soins. 100 % des travaux sont manuels, en évitant tout ce qui pourrait diminuer l’expression du terroir. Depuis plus de vingt ans, des cultures de couverture créent un milieu vivant où insectes, plantes et micro-organismes trouvent leur équilibre et contribuent à la santé du vignoble. Plus l’environnement est pluriel, plus l’ensemble est harmonieux, et moins l’homme est sommé d’intervenir.
Les vins de Constantina ne sont pas des constructions : ce sont des émanations. Ils sont incomparables aux vins techniques et standardisés issus d’une viticulture mécanisée et chimisée.
Écoutons encore la vigneronne : « Le vin prend racine dans le vignoble. C’est là que son caractère se forge, bien avant qu’il n’arrive au chai. Je ne dirige pas le vin : je lui laisse le temps, le calme et l’espace nécessaires pour qu’il forge sa personnalité ».
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