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Slow Wine
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L’amour de la terre du vigneron heureux

Quand un vin est littéralement sensationnel, tout en étant le pur fruit d’un jus de raisin très peu manipulé, il est intéressant de savoir comment le vigneron a œuvré au chai et, surtout, à la vigne.

La démarche « nature » ou biodynamique correspond au travail d’un petit vigneron plutôt qu’à celle d’une grande maison. Cette dernière, pour ce faire, devrait obtenir l’adhésion pleine et entière de ses employés. S’ils ne s’engagent pas totalement, s’ils ne sont pas pleinement convaincus et impliqués, tout s’écroule. Le vigneron heureux, lui, s’investit à 100 %, il est en accord total avec ce qu’il fait, avec lui-même, ce qui lui offre une forme de symbiose et le galvanise. Toutes les décisions sont les siennes, il assume et revendique sa manière de faire. Il est fier de lui, fier de son travail, fier de ses fruits. Il est en harmonie avec la vie de ses vignes et de ses vins, au point que ses existences personnelle et professionnelle se confondent.

Une pioche, un cheval, quelques brebis… et du bon sens

La conscience des obligations morales à l’égard de la nature peut aller très loin. Le vigneron heureux ira jusqu’à refuser d’utiliser y compris soufre et cuivre à la vigne. Il se soumettra totalement à la nature et acceptera de perdre tout ou partie d’une récolte si telle est la volonté de sa dulcinée. Cela dit, rares sont ceux qui ont les moyens d’un tel jusqu’au boutisme.

On trouvera plus facilement des vignerons qui appliquent des huiles essentielles et des tisanes. Ce qui est magique, c’est que ceux qui respectent les cycles de la nature, les rythmes de la faune et de la flore, sont moins touchés par les maladies que ceux qui usent et abusent des traitements dévastateurs. L’aromathérapie fonctionne ! Protéger les plantes par les plantes, quoi de plus naturel ?

Anne-Marie Lavaysse (Petit Domaine de Gimios, à Saint-Jean-de-Minervois) prépare ainsi des « tisanes solaires » à partir de sept plantes qu’elle ramasse aux alentours de ses vignes, qu’elle expose au soleil dans une bassine pendant trois jours, avec une vitre par-dessus pour éviter l’évaporation.

Bien sûr, le vigneron heureux réduit au maximum la mécanisation : entretien à la pioche, travail des sols au cheval, accueil en hiver d’un berger et de son troupeau de brebis pour tondre et fumer les vignes… Rendez visite à Gaëlle Steunou (Grain d’L, dans l’Hérault) pour voir comment un véritable travail artisanal peut épouser le respect de l’environnement. Et goûtez ses jus pour constater combien une nature qu’on bichonne nous le rend au centuple.

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