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Pop Wine
4 4 min read

Lionel Brenier – Hybride et vivant : l’énigme du villard noir

Villard Noir, par Lionel Brenier

Drôme

2021, villard noir

Dégusté le 27 février 2026 à 14 heures, jour fleur, lune gibbeuse croissante

« Cultiver la mémoire de nos anciens ». Telle est la mission que s’est donnée Lionel Brenier, vigneron du petit village d’Épinouze, dans le nord de la Drôme. Ici, les vignes constituent de petits îlots (5 hectares au total) entourés de haies, de bois et de vergers. Lionel est d’ailleurs le seul vigneron du secteur, bien que le sol riche en galets roulés et le climat tempéré avec influence méditerranéenne soient parfaits pour la viticulture.

Par ailleurs maître de chai chez Yves Cuilleron, Lionel propose ses propres saint-joseph et côte-rôtie. Mais ce sont surtout ses cuvées à base de cépages historiques de Drôme et d’Ardèche qui nous intéressent — à cet instant du moins. En 2014, il débute avec la famille Villard : le blanc et le noir. Puis d’autres les ont rejoints : bia, serine, persan, chambourcin, chatus, durif, dureza et robin noir.

Dans le nord de la vallée du Rhône, on n’a d’yeux que pour la syrah — à tel point que les salons des crozes, des cornas ou des côte-rôtie sont d’une triste monotonie, on y tourne en rond au propre comme au figuré : mais n’est-ce pas un problème de conformisme œnologique plus que de cépage ? Quoi qu’il en soit, la diversité ampélographique promue par Lionel Brenier réjouit les cœurs des vinosophes.

À mille lieues du déjà-bu

Le villard noir a été obtenu dans les années 1920 par Bertille Seyve et Victor Villard, à Saint-Vallier, quelques kilomètres plus au sud en suivant le cours du Rhône.  L’objectif : créer un cépage résistant aux maladies et adapté aux climats difficiles, afin de sécuriser la production viticole après la crise du phylloxéra. La pépinière Seyve-Villard lui a ainsi légué son nom.

C’est un cépage hybride interspécifique : il possède des gènes de Vitis vinifera, Vitis labrusca, Vitis lincecumii et Vitis rupestris. Et un cépage résistant : le mildiou ne lui fait pas peur. Il n’est donc pas nécessaire d’user et d’abuser du cuivre. Il résiste également plutôt bien à l’oïdium. Autre atout de taille, il repousse aisément et donne des fruits en cas de gelée printanière. Il peut même être planté franc de pied.

Mais l’hybride est peut-être une expérience sensorielle avant tout. J’ai déjà goûté quelques macérations de blancs hybrides qui se sont avérées assez vertigineuses, mémorables, à des années lumière du déjà-bu et des démonstrations techniques aseptisées. À chaque fois, déguster un hybride est une aventure. Je me réjouis donc au plus haut point de découvrir le villard noir de Lionel.

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