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VinoPhilo
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C’est le corps qui pense – Et le vin est la potion magique du philosophe

L’homme doit être pensé comme une totalité physio-psychologique. Si l’on souhaite un esprit sain — plutôt qu’une âme saine — associé à un corps sain, c’est aussi parce qu’un esprit sain sans corps sain est impossible. Une simple discipline des pensées et des sentiments est insuffisante : il faut avant tout dresser le corps, s’approprier son corps, devenir maître de ses sens. « Ce qui décide du sort du peuple et de l’humanité, c’est que la culture commence là où il faut, pas par l’âme : là où il faut, c’est le corps, la manière de se comporter, le régime alimentaire, la physiologie, le reste suit », dit Nietzsche dans Le Crépuscule des idoles.

Combattons le dualisme qui sépare radicalement l’esprit et le corps, la métaphysique et la physique, le monde sensible et le monde intelligible, le dualisme qui imagine qu’on pourrait façonner de grands esprits tout en laissant le corps se dégrader, qu’on pourrait tenir des discours métaphysiques très puissants tout en ignorant la physique ou qu’on pourrait explorer le monde intelligible et y faire de grandes découvertes sans rien connaître du monde sensible.

Ce dualisme est inhibiteur, sclérosant, contraignant, effrayant. L’enjeu n’est pas de renverser cette logique — un corps et des sens tout puissants, sans lien avec la pensée et l’intelligence, ne seraient guère plus utiles —, mais de la dépasser, de ne mépriser ni l’esprit ni le corps, de mettre l’un au service de l’autre et l’autre au service de l’un, aboutissant à une personnalité équilibrée. Le pari de la vinosophie est que cela devient possible grâce à quelques verres de vin vivant.

Le corps est l’esprit

Sans doute le corps vivant intègre-t-il l’esprit, quand un corps mort, dont l’esprit a disparu, existe encore matériellement. Mais cela importe peu au philosophe de la vie. On doit penser l’esprit en partant du corps. Plus encore, le corps et l’esprit désignent une même réalité appréhendée à travers deux perspectives différentes. Il semble donc normal d’associer la physiologie à la psychologie. Et le vin mérite d’intégrer la catégorie des « spiritueux »*.

Pour Nietzsche, l’esprit est d’abord dépendant des pulsions du corps, c’est-à-dire d’un ordre de déterminations qui a toujours échappé à un principe unificateur postulé a priori. On nie ainsi toute puissance de vouloir à l’esprit considéré isolément du corps — à l’inverse des métaphysiciens selon qui la volonté serait une faculté propre à l’esprit. Cela amène aussi Nietzsche, avec Spinoza, à refuser toute liberté de la volonté, tout en soulignant qu’une illusion métaphysique fait croire le contraire.

Les sensualistes, dans une forme de juste milieu, soulignent que nous sommes tous influencés par des stimuli extérieurs et par des pulsions et instincts intérieurs, mais aussi que, à partir de ce donné, notre volonté n’est pas totalement désarmée et peut opérer des choix. Ceux-ci, bien qu’influencés par les personnalités des individus et par leurs contextes propres, n’en demeurent pas moins des choix. Je peux, par exemple, choisir d’acheter une bouteille de rouge ou de blanc, de bordeaux ou de bourgogne, de vin de négoce ou de vin de vigneron etc. ; et cela aura des conséquences sur mes pensées, sur mon « état d’esprit ».

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