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Pop Wine
3 3 min read

Tenuta Fornace – Se taire, fermer les yeux, s’évader…

Gocce di Luce, par la Tenuta Fornace

Colli Tortonesi, Lombardie-Piémont, Italie

2017, 100 % Timorasso

Dégusté le 14 janvier 2026 à 15 heures


Au cœur des collines d’Oltrepò Pavese, non loin de Pavie, se cache un vigneron heureux, un vrai de vrai, digne représentant de la vinosophie. On aimerait pouvoir goûter toutes ses cuvées, chacune offre une personnalité singulière. Ce vigneron, c’est Andrea Rossi.

Ici, la production industrielle et la logique des marchés sont interdits d’entrer. On fait les vins qu’on aime et tant mieux si d’autres les aiment aussi, tant pis pour ceux qui ne les apprécient guère. Andrea possède un lien profond et viscéral avec sa terre. À son égard, il se conçoit tel un compagnon de route et non comme un architecte. Il veille sur elle, la préserve, la soigne. Les méthodes biodynamiques sont de rigueur et le mot d’ordre est le respect de la biodiversité et des cycles naturels. On se soumet à ce que la nature accepte de donner.

Le vin que je goûte aujourd’hui provient des collines de Tortona, entre la plaine du Pô et la mer. Des vendanges tardives ont offert des raisins très mûrs, riches et aux admirables reflets dorés. Le vin n’est pas autre chose que l’expression libre et pleine de ces raisins.

Goûtant ce vin sans fard et sans complexe, je me dis que déboucher une bouteille, c’est s’offrir un voyage singulier dans une région, dans un paysage, dans une nature, dans un terroir, et finalement dans un univers particulier. Le Timorasso (très ancien cépage local) de la Tenuta Fornace, avec sa pureté cristalline d’où jaillissent des notes volcaniques, est un vin unique, extraordinaire et sensationnel. Il résulte du mariage magique d’un cépage rare, d’un grand terroir et d’un vigneron-artiste.

Tout cela se conjugue dans un jus aux tonalités libertaires. Son corps ne cherche pas la performance, il n’est pas là pour impressionner. C’est parce qu’il est nu, sans artifices, qu’on l’aime autant. Après de longues années passées à patienter en cave, Gocce di Luce ne possède certainement plus la fringance de la jeunesse, mais il a mieux : la sagesse de la maturité. Ce vin a, croyez-moi, beaucoup de conversation, mais il ne vous criera pas dans les oreilles. C’est un volcan en sommeil, qui ne dort que d’un œil.

Dès lors qu’on sait qu’un vigneron chaptalise, acidifie, levure, filtre, sulfite, gommarabiquise ou carboxyméthylcellulise ses cuvées, le voyage devient chaotique ou ennuyant. Le vin perd beaucoup de son mystère et de son aura. Il n’est plus un nectar divin mais un produit de l’industrie agroalimentaire. Ici, heureusement, rien de tout cela, ni filtration ni levures de laboratoire. Pas même une once de sulfites ajoutés.

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