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Pop Wine
4 4 min read

Théodore Planas-Rastoin – Du bon pain et du bon vin

Clémentine, par Théodore Planas-Rastoin

Sainte-Victoire

2018, clairette, grenache blanc, bourboulenc, panse muscade

Dégusté le 22 février 2026 à 13 heures

Paysan, boulanger et vigneron

De telles rencontres sont rares. Dans une vie, on croise beaucoup de monde. Mais peu de personnes s’avèrent à ce point inspirantes.

Bien sûr, il y a Clémentine, le vin, un blanc-ambré d’un raffinement extrême, digne des meilleures tables gastronomiques. Le temps l’a affiné à merveille et je pourrais écrire à son propos des fleuves de mots. Un flacon de poésie, une émotion folle, un charme prodigieux. Les amers sont plus nobles que jamais, soulignés par une salinité qui nous rappelle que la mer est proche. J’ai rarement ressenti autant d’harmonie et autant de vibrations dans un vin. Une preuve de plus que la macération ne fait jamais de mal aux cépages blancs. Et une preuve de plus, s’il en fallait, que la nature fait très bien les choses dès qu’on lui en donne les moyens.

Il y a ce vin, bien sûr, mais il y a aussi et surtout Théodore, paysan-boulanger-vigneron chez qui on aimerait s’installer ou, au moins, revenir, loin de la civilisation mais pas loin de l’humain, là où la montagne Sainte-Victoire donnait jadis du souffle au grand Cézanne et où, aujourd’hui, un terroir magnifique galvanise certains des vins les plus palpitants de France.

Chez Théodore, rien n’est optimisé pour le rendement, tout est accordé au temps long. La seule chose spectaculaire, c’est ce qu’il y a dans le verre. Ici, pas de chai brillant, juste cinq ou six vieux tonneaux entreposés dans une cave semi-enterrée. Parce que les fruits qui y entrent sont d’une santé et d’un caractère exceptionnels, et parce que la patience est de mise, les sommeliers des restaurants les plus huppés s’arrachent ses nectars. Le vin est à l’image du vigneron, et le vigneron à l’image du vin : sincères, rares, libres, enracinés.

Passion, humilité, travail

Tout commence en 2008 : Théodore étouffe en ville, il ressent l’appel de la nature et de la lumière. Il récupère deux parcelles familiales en friche, deux hectares dans l’appellation Palette — à l’est d’Aix-en-Provence, non loin du fameux château Simone. Un travail de titan l’attend : défricher, remonter les vieilles restanques, replanter… L’envie de devenir vigneron le gagne, mais il n’a aucune connaissance. Alors il pratique chez Henri Milan, au château de Roquefort et au domaine de Sulauze. Dominique Hauvette l’aide en lui offrant de belles sélections massales.

Il a compris tout le potentiel de ces terres familiales longtemps abandonnées. Le terroir, ici, n’est pas un vain mot : dans un cirque naturel creusé par la rivière l’Arc, cistes, romarins, sauges, oliviers et chênes cohabitent sur des calcaires lacustres. Les sols sont pauvres et caillouteux, le climat méditerranéen moins écrasant qu’ailleurs.

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