Pour qu'il y ait du vin dans la vie, et de la vie dans le vin
Vinosophia est né un soir d’automne, juste après les vendanges. Un soir où le Soleil couchant habillait de couleurs chaudes les coteaux garnis de vignes. Un soir où le vin avait le goût de la vie. Un soir où rien ne semblait plus urgent que de savourer les fruits du vent et du temps. Un soir où un vigneron me dit : « Le vin, ce n’est pas un produit. C’est une énergie ».
Ce soir-là, au cœur d’une cave enivrée, là où le temps est suspendu, je compris ce qu'aucun livre, aucun guide, aucune initiation à la dégustation n'avait su me transmettre : tout vin digne de ce nom raconte une histoire et diffuse des valeurs à travers des sensations et des émotions. Les mots ne peuvent rien, si ce n'est inviter à se taire, à se rendre disponible et à se concentrer sur ces sensations et émotions. Saisir non l'acidité, la sucrosité, les tanins et l'alcool du vin mais sa dynamique, ses vibrations, sa lumière, son harmonie, son caractère et sa profondeur. Ainsi, on cesse de déguster et on commence à vivre le vin, on passe de la technique à l'art et de l'analyse à l'exaltation. Bacchus s'était révélé à moi. Cela changea ma vie et je songeai que son message existentiel méritait d'être diffusé le plus largement possible.
Je me souviens du silence habité et de la vie tourmentée qui résidaient dans ce vin. Les larmes me montèrent aux yeux. Quand le buveur pleure de joie, la vinosophie a gagné. Je décidai d'y consacrer le reste de mon existence, en philosophe, c'est-à-dire en professeur de vie. Permettre de vivre plus et mieux, telle est la vocation de la philosophie. Et je sais désormais que rien ne permet mieux que le vin d'améliorer le niveau de vie d'un homme.
L’étymologie parle d’elle-même : Homo sapiens est un « homme sage », tandis que la philosophía est l’ « amour de la sagesse ». Philosopher, c’est donc devenir un homme, apprendre l’humanité, comprendre la place de l’être humain dans le monde et le sens d’une vie humaine. Philosopher, c’est apprendre à vivre, mais pas n’importe comment : vivre comme un homme, avec toute la dimension artistique, créative, originale et excentrique qui le distingue de la bête. Or, pour les vinosophes, pour les sensualistes, pour les hédonistes, ce sont les sens qui nourrissent cette philosophie, toute philosophie étant subjective, n’ayant de valeur qu’à l’échelle d’un homme, mesure de toute chose. En un mot, la philosophie se définit comme un art de vivre ; et rien n'y contribue avec autant de classe et d'intensité que les vins vivants.
Il y a les vins "de copains", d'apéro, d'accompagnement, de repas, que l'on avale sans y prêter attention. Et puis il y a les vins de méditation, les vins-philosophes, qui méritent le recueillement et l'attention. Ni boisés ni variétaux, ils se distinguent par leur finesse et non par leur puissance, car seule la finesse procure de grandes et nobles émotions. La puissance, c'est de la poudre aux yeux. Du bis repetita en bouteille.
Or les vins vivants sont souvent complexes, évolutifs, atypiques. Ils possèdent ces petites aspérités qui les rendent uniques, qui leur confèrent des personnalités majuscules. Ils ne trichent pas, ne cherchent pas à corriger ce qui les rend particuliers pour pouvoir se fondre dans la masse. Ils délivrent de l'inattendu plutôt que de l'attendu, de l'original plutôt que du conforme. Ce sont les chemins de traverse du goût, loin de ses autoroutes. Si Héraclite ne se baignait jamais deux fois dans le même fleuve, les œnophiles ne devraient jamais boire deux fois le même vin.
Malheureusement, rares sont ceux aux oreilles desquels parviennent ces voix des vins vivants que j'apprenais doucement à écouter. Elles sont recouvertes par les hauts cris des influenceurs, des effets de mode, des algorithmes, des concours et des notes visant à comparer l'incomparable. Et puis il y a les voix de ces vignerons plus rêveurs que stratèges, de ces bars à vin où l'on boit de la passion sincère plutôt que de la pression amère, de tous ces gens qui savent que deux ingrédients seulement font le vin : les raisins et les convictions. Il leur fallait un porte-voix ? Pouvais-je être celui-là ?
Vinosophia est donc né afin de répondre à un manque frustrant, celui d’un média qui prend le temps, qui s’intéresse davantage aux histoires et aux valeurs qu’aux tendances et aux marchés, qui parle du vin comme d’un art de vivre, d’une philosophie, d’une manière d'habiter le monde, qui fait du choix de boire un vin un engagement profond et sincère et non un divertissement sans fond et sans fin. C'est même un acte politique. Il faut lâcher prise pour boire et non boire pour lâcher prise. "Vins de méditation" : voilà qui me parle.
Le vigneron avait raison : un vin, s'il est libre, naturel, vivant, pur, attaché à ses origines géologiques, climatiques et humaines, ce n'est pas un produit alcoolique mais un complexe énergétique qui peut faire le plus grand bien à l'esprit autant qu'au corps. J'aimerais que tout le monde le sache et que chacun s'ouvre aux forces de l'invisible.
Habitons le vin et la vie
Partout, on classe, on juge, on note. Et on délaisse le plus beau : l'émotion subjective jaillie de la rencontre entre la sensibilité d'un homme et l'univers axiologique contenu dans un flacon. On veut « reconnaître les arômes » au lieu d'apprécier la parole du sol, le courage du vigneron et la force de la nature. Les seules questions à se poser devraient être : est-ce que ce vin me fait du bien ? du bien au corps ? du bien à l’âme ? Est-ce qu’il me vivifie ou est-ce qu’il m’assomme ? Est-ce qu’il me donne le sourire ou est-ce qu’il me rend morose ?
À travers Vinosophia, j'ai voulu proposer, en tant que travailleur du texte, une revue qui ouvre les portes au lieu de les fermer, qui écoute et qui éclaire, qui interroge sans se prendre au sérieux l'essence même du monde, de l'homme et de la vie, à hauteur d'homme, les pieds sur terre, les mains dans la bouse et la tête dans les étoiles.
Philosophe et journaliste de formation, longtemps enseignant-chercheur, je décidai d'abandonner les bancs des facultés et de suivre une formation courte de "Dégustateur professionnel" [sic] puis une formation longue de "Sommelier-caviste". Je travaillai dans une cave tout en rédigeant divers ouvrages au sujet ce que je devais désormais appeler "vinosophie". Aujourd'hui, ces livres sont disponibles (via l'onglet Éditions Vinosophia et sur amazon.fr) et je suis tenté de me présenter tel un "philosophe-œnologue", même si je sais bien que les chimistes, acoquinés aux juristes, se sont réservés le terme "œnologue" – j'estime que je tiens un "discours sur le vin" ("œnologie" étymologiquement) et me sens en ce sens plus œnologue que sommelier et plus œnologue que beaucoup de chimistes du vin. Refusons l'idée reçue selon laquelle les chimistes auraient le monopole de la connaissance du vin.
Ce "discours sur le vin" et ces travaux enrichiront progressivement vinosophia.fr, revue en ligne des vins vivants et des esprits libres. S'il ne fallait retenir qu'un enseignement de la part du "professeur de vinosophie", ce serait celui-ci : les vins vivants peuvent offrir au buveur curieux et attentif des émotions magnifiques, à la portée réellement philosophique – c'est-à-dire permettant de vivre mieux et de donner du sens au monde et à l'existence.
Nous inaugurons une pensée du vin et de la vie personnelle et poétique, post-technique et post-experte. Loin des médias, des critiques et des influenceurs, sans ligne éditoriale opportuniste et sans intention marketing, voici un lieu philosophique et incarné qui parle du vin comme manière d’habiter le monde. Vinosophia refuse la neutralité et fait primer le sensible. Nous ne cherchons pas à plaire, pas à séduire, pas à édulcorer, nous défrichons le chemin qui nous semble le plus juste : celui de la vie pleine et puissante, solaire et terrienne, à mille lieues des artifices et du paraître, du consensuel et du superficiel. Le vin devient un espace existentiel, sans programme et sans mode d’emploi. Vinosophia n’est ni une start-up ni une école, c’est une maison de pensée… avec une belle cave !
Nos mots d’ordre :
* long temps contre instant ;
* liberté contre normativité ;
* subjectivité contre objectivité ;
* sensation contre théorie ;
* perception contre catégorisation ;
* émotion contre analyse ;
* accueil contre jugement ;
* vécu contre aprioris ;
* simplicité contre snobisme ;
* originalité contre standardisation ;
* exploration contre consommation ;
* conscience contre suivisme ;
* épanouissement intérieur contre apparence extérieure.
La vinosophie est une philosophie du vin comme expérience existentielle, contre sa réduction technique et marchande. C’est une pensée de l’expérience vécue : le sens provient des sens et jaillit dans le corps, sans concept et sans explication. Le vin est un phénomène incarné, pas un objet mesurable. Le vinosophe ne le déguste pas, il l’habite.
Pour les spécialistes, disons que la vinosophie se situe entre phénoménologie et existentialisme, baignée par un halo hédoniste et eudémoniste, le tout teinté d’éthique. Ici, le plaisir n’est pas dans l’accumulation, dans la puissance ou dans la performance, mais dans l’harmonie, dans la mesure, dans l’intensification de l’être. Et l’essentiel réside dans les heureux mariages de la liberté et du bonheur, de la nature et de la conscience, de l’art et du temps, de la beauté et de l’imagination — loin de la technique et de la science qui corrigent, qui normalisent, qui confisquent l’expérience.
Plus simplement, la vinosophie est une philosophie joyeuse, festive, affirmative et concrète, qui ne sert pas à rien puisqu’elle permet de vivre. Boire devient un acte formateur, une pratique de l’être, une découverte de soi par soi. C’est en buvant du vin plutôt que du soda — et certains vins plutôt que d’autres — que l’on écrit le roman de sa propre existence. Ce qui compte n’est pas la vérité abstraite et universelle du vin, mais ce qu’un vin fait à une vie.
Rappelons le principe de l’existentialisme : l’être humain n’est pas défini d’avance, il se construit par ses choix, ses actes et sa manière de vivre. Et si l’humain est à l’image du vin qu’il boit, le vin est à l’image de l’humain qui le boit.
Être au monde et être à soi.
Exister sincèrement, exister puissamment.
Réconcilier vin et vie.
Vinosophia : philosophie du vin vivant dans le verre, vivant dans le corps, vivant dans l’esprit.
Bienvenue, donc, sur la planète Vinosophia, là où chaque dégustation est un voyage intérieur, un dialogue sans mots, une connaissance ou reconnaissance intuitive, simple et directe. Ce petit monde des vinosophes a été pensé sans business plan, sans étude de marché, sans calculs, simplement en suivant le fil de la passion et de la sincérité. Il vous incombe de le faire vivre en le rejoignant à votre tour. C'est une responsabilité aussi importante que magnifique. Ici, la publicité, les "contenus sponsorisés" et les flatteries n'ont évidemment pas leur place. Ils ne l'auront jamais.
Rejoindre Vinosophia, ce n’est pas seulement accéder à une revue, c’est aussi intégrer une tribu, se joindre à un mouvement, une communauté de passionnés qui partagent le même désir : vivre le vin autrement, pleinement, intensément, sans biais ni intérêts, juste pour le plaisir de ces rencontres d'un soir dont on se souvient toute sa vie. Les vinosophes revendiquent leur sensibilité et leur curiosité. C'est avec elles qu'ils arpentent le monde. Ce sont elles qui s'expriment dans cette revue.
Les vinosophes ne sont pas des abonnés, ce sont des compagnons de route. Ensemble, nous changeons le monde à coups de canon.
Pleine conscience, subjectivité assumée et plaisir débridé : pour que la dégustation soit un moment d'évasion sensuelle et d'élévation spirituelle.
Boris Barraud
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Vinosophia n'est pas un label. C'est une communauté, une grande famille dont les liens sont des valeurs auxquelles chaque membre se déclare attaché et que chacun s'engage à défendre.
Pour lire le Manifeste des vinosophes et la Déclaration des droits du vin, cliquez ici :


À vous de jouer : un verre de vin ayant de la conversation, la lueur d'une bougie, un fond sonore zen (ou une musique qui vous prend aux tripes) et du temps libre. Vous fermez les yeux, vous respirez profondément, vous lâchez prise, vous laissez votre imagination vagabonder sans rien en attendre, sans but, sans volonté. Oubliez les mots, savourez les images. Bon voyage !
Tous ces textes sont les fruits de travaux humains, sans aucune intervention de l'intelligence artificielle dans les recherches, dans la réflexion ou dans la rédaction. Seuls quelques verres de vin de méditation ont servi à les enrichir en attisant l'imagination et la clairvoyance de l'auteur.
En revanche, je ne suis ni photographe ni illustrateur. Je délègue donc la mise en image de mes textes.


